Livia Alessandrini

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Gallery's Title : EL DUENDE , et un texte explicatif sous la galerie /Painting - 14 Artworks
 
Livia Alessandrini: LOS JUEGOS DEL DUENDE-I  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: LOS JUEGOS DEL DUENDE-II  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: LOS JUEGOS DEL DUENDE-III  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: LOS JUEGOS DEL DUENDE-IV  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: EL DUENDE,ESTILO VIVO  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: PALABRAS  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: EL SUEÑO DEL DUENDE  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: ...PLUS LéGER QU\' UN BOUCHON J\' AI DANSé SUR LES FLOTS...  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: PRESENTIMIENTO  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: ARTIFICES  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: LO SFORZO DEL DUENDE  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: EL DUENDE  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: EL PERFUME DEL DUENDE  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting
Livia Alessandrini: EL PERFUME DEL DUENDE - II  Livia Alessandrini - ©   Livia Alessandrini - Painting


Presentation :
"TODO LO QUE TIENE SONIDOS NEGROS TIENE DUENDE" Manuel Torres

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EL DUENDE



Le mot DUENDE est spécifique à la langue espagnole. Il décrit ce qui, avec extrême intensité et authenticité, se réveille en l’homme lors d’une danse, d’un chant ou d’un jeu en tauromachie (sacrifice) et de certaines expressions créatives. Le Duende a été traduit en « follet », en « fairy » et en tant d’autres termes, chaque culture cherchant une définition propre, alors que le Duende n’est que… le Duende ! Il EST, il ne peut pas être traduit ou qualifié. Le Duende, pour celui qui ne connaît pas l’Espagne, est difficile à saisir et à comprendre ,

c’est une valeur abstraite, un instant, une magie, un signe, un geste

c’est un souffle

c’est un acte

c’est le courage, c’est l’ énergie, c’est aussi une solide violence

c’est un arc, c’est un vent

c’est une plénitude

C’est ce quelque chose que l’ on croirait parfois lire dans le regard noir et profond d’une tête (« cabeza ») andalouse, mais qui ne surgit en fait que dans la création des plus belles expressions de l’Art, au-delà du « langage ». Le Duende cache en lui la profondeur archéologique du son et du geste. Jamais dramatique, jamais tapageur, il arrive en se dissolvant. Ni joie ni douleur, uniquement éclosion poussée à l’extrême, et il n’y a que l’ Espagne qui puisse s’ouvrir à cela. Or et charbon, voix rauque et cercles de soleil

Les plus belles pages sur le Duende ont été écrites par le poète espagnol Federico Gracia Lorca dans « Teoría y juego del duende » (« Théorie et jeu du duende »), qu’il avait lui-même lues lors une conférence à Cuba en 1930 .

Quand le murmure d’un « cante jondo » s’élève en allant au-delà de la personne qui chante, en annulant tout ce qui l’entoure, quand cette voix soudain se casse, devient rauque, pleine de belles inquiétudes, profonde comme les entrailles de la terre, et comme ce que Lorca appelait « las habitaciones de la sangre », « les demeures du sang » magnifique expression pour désigner le labyrinthe que l’homme a en lui, voilà que le Duende s’est manifesté ! Il entre fièrement dans la petite salle obscure ou’ se tiennent les chants, il entre avec la tête jetée en arrière, ou basse comme celle d’un taureau pour foncer vers le public. Il s’empare de l’âme de la chanteuse, il griffe sa voix, il enveloppe tout son corps jusqu’à le dissoudre, le réel n’a aucune importance, voilà le Duende, unique, qui souffle un air de bois, d’encens et de forêts, alors que tout autour la vie s’immobilise. Le chant vibre alors de velours et d’ or

De même le Duende, tête haute, entre dans l’intensité du flamenco, beauté des gestes symboliques, harmonieux et nobles, mais… sans ce « quelque chose » qui pourrait lui donner une allure encore plus grandiose. Cet « instant magique » c’est un geste qui grâce à l’apparition du Duende sort cabré comme un cri intérieur, en coupant le souffle du public. Le pathos explose dans un flamenco endiablé, aux coups de reins du zapateado le plus virtuose, au port de tête des bailaoras y bailaores, à leurs regards entrecroisés et concentrés sur un impossible défi. La danse du flamenco déploie l’amour et la rage, l’orgueil et la mort.

Même sort dans l’Arène, où le Duende se manifeste dans le moment de Vérité, dans les cercles du rite sacrifical. La Mort exulte, les fenêtres s’ouvrent (l’ Espagne est l’unique pays où la mort est accueillie avec les fenêtres grandes ouvertes), le Duende devient terre, sang et ombre, tout devient triomphe, tout déferle comme la mer, sans jamais se répéter.

L’ Espagne est la terre des extrêmes, il faut y vivre pour la comprendre, terre de feu et de sang, terre de lumière et d’ombre, de détermination et de puissance, le Duende s’y niche un peu partout. Il suffit que le murmure bas et solitaire d’une chanson réveille son sommeil andalou…. Et il sera là, enveloppé de limon et d’humeurs, prêt à surgir dans cette nouvelle voix, prêt à y mêler ses élans et ses démons, dans un unique cri rauque et obscur

Livia Alessandrini



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